Le quart de finale France-Allemagne ou : « Qu’est-ce que je fais là ? ».

Vendredi 4 Juillet, 21h30. On se dirige vers Robertson Walk, le pas de Maëva se fait rapide, anxieux, le mien plus nonchalant. Des centaines d’expats se pressent, se cherchent, se retrouvent. Pourquoi une telle exaltation ? Les hommes sont devenus gentils et il n’y aura plus jamais de guerre ? Mac do lance la livraison à domicile ? (Ah non c’est déjà fait ici…) Des ventes privées incroyables ont lieu ce soir ? Rien de tout ça, si tout le monde se bouscule, c’est pour voir le match France-Allemagne diffusé sur grands écrans. Etonnant, oui, je trouve aussi, mais passons. Toutes les tables sont réservées, impossible de se poser pour boire un verre en attendant le match. Ô rage, ô désespoir : quitte à regarder des millionnaires se dandiner en short, j’aimerais être à l’aise. Maëva et Corentin prennent les choses en main et partent à la recherche d’une table, pendant ce temps, nous mangeons japonais avec Charlotte et Lou. Après une bonne heure passée au resto, ou l’attente nous a permis de négocier deux trois plats gratos(pour une fois) nous rejoignons nos compatriotes, les rangs de la France se sont gonflés, tous sont rassasiés après une bonne bière et une portion de frites (football oblige…) : nos soldats sont prêts pour le combat. La place se divise petit à petit en deux camps et, par ci par là, se tiennent des singapouriens, sûrement curieux de voir ce spectacle. Enfin, le match commence. Corentin essaye désespérément d’expliquer les règles à Charlotte(La France joue en quel couleur stp ?), Maëva joue la pom-pom girl surexcitée, dotée de son accoutrement bleu blanc rouge (promis, j’ai tout fait pour l’empêcher de prendre ses oreilles de lapin aux couleurs de la France…). Le reste du groupe est attentif au jeu ou suffoque au milieu de tout ce monde, au choix. 10 minutes de jeu passent et notre équipe est déjà touchée, je ris intérieurement. Puis, petit à petit, je me prends au jeu, debout sur une chaise, sirotant une bière et fumant des cigarettes. Ca serait dommage de perdre, ils ont tous l’air d’y croire un peu. D’autant plus que la fin de soirée ne serait que meilleure après une victoire. Les minutes passent, l’équipe française a des occasions (enfin, je crois) mais pourtant nous ne réussissons pas à rattraper les allemands. Cette soirée m’aura pourtant presque fait comprendre l’engouement autour de ce sport et aura presque (encore une fois je dis bien presque) réveillé mon instinct patriotique. Tout est bien qui finit bien : j’ai passé une bonne soirée et évité autre bain de foule peu de temps après. 

 

Julie

Robertson-Quay-singapore1